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Le "footballeur-arnaqueur".

  • 17 mars 2023
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 29 avr. 2023

Très cher(e)s lecteurs(trices), qui, parmi vous, n’a jamais rêvé dans sa jeunesse de devenir un grand athlète professionnel ? Que ce soit pour devenir basketteur, volleyeur, footballeur ou même handballeur, je suis sûr que cette idée vous a déjà traversé l’esprit au moins une fois lors d’un cours de sport en primaire, ou après avoir regardé un match à la télévision. Cette idée a également germé dans l’esprit de Carlos Kaiser, la plus grande arnaque que le monde du football n'ait jamais connu. En effet, ce brésilien a réussi à être footballeur professionnel pendant près de 13 ans sans avoir joué aucun match officiel lors de toute sa carrière !


Carlos Henrique Raposo aka Carlos Kaiser est né le 2 Juillet 1963 à Rio Pardo dans le sud du Brésil. Le surnom de Carlos Kaiser lui viendrait d’après ses dires de ses amis qui le comparaient, étant petit, à Franz Beckenbauer, grand footballeur allemand dit le “Kaiser” (“l'empereur”). Enfin, la vérité semble autre : ce surnom viendrait plutôt de la marque de bière “kaiser” car sa corpulence faisait penser à une bouteille de bière. Cette anecdote nous permet de mieux cerner le personnage, qui aime parler, se mettre en valeur et être populaire. Sa jeunesse est encore, de nos jours, très floue et obscure. Il perd ses 2 parents à l’âge de 6 ans et part vivre dans une famille adoptive très pauvre à Rio. Carlos Kaiser, qui se débrouille plutôt bien au football, va alors être recruté par un agent de joueur qui l’inscrit à l’âge de 9 ans au club de Botafogo. Le football devient alors son seul échappatoire. Il intègre ensuite à la fin des 1970’s l’équipe junior du club de Flamengo où il est repéré et signé par une équipe mexicaine : le Pueblafútbol club. Malheureusement pour lui, son arrivée tant attendue au club mexicain s'avérera un échec complet.


Footballistiquement, il n’arrive pas à s'imposer dans l’équipe car ses performances ne sont pas à la hauteur et lui-même se rend compte qu’il n’aime pas jouer au foot, ce qu’il aime c’est le statut de footballeur. Le joueur reste tout de même 2 ans dans le Puebla FC, 2 années ponctuées d’aller-retours à Rio où le pseudo-footballeur tente d’étoffer son carnet d’adresses en fréquentant les plus grands footballeurs brésiliens de l’époque grâce à son statut de footballeur expatrié à l’étranger. Il va ainsi faire la connaissance de nombreuses stars du football qui vont devenir ses amis tels que Renato Gaúcho du Grêmio, Bebeto, Zico, etc.



À la fin de son contrat, Kaiser rentre au Brésil et dit à toute la presse que tout s’est admirablement bien passé au Mexique, il va même jusqu’à dire que les mexicains voulait lui donner la nationalité mexicaine afin qu’il puisse intégrer l’équipe nationale. Encore une fois, il se montre comme manipulateur, ici avec les médias. À l’époque, la presse écrite et la télévision sont les moyens de communication les plus utilisés et il accorde énormément d’interviews aux journalistes pour mettre en avant ses performances fictives. C’est donc grâce à ces articles de presse élogieux et ses contacts dans le monde du football que le joueur brésilien arrive à signer dans les plus grands clubs brésiliens (Botafogo, Flamengo, Fluminense, etc). Sa stratégie, après être arrivé dans un nouveau club, est toujours la même : lors du premier entraînement, Kaiser simule une blessure et ne joue plus le reste de la saison. Il signe toujours des contrats très courts et ne reste pas plus de 2 ans dans le même club. Son bail arrivé à son terme, Kaiser explique aux autres clubs que son passage s’est très bien passé et il va même parfois jusqu'à prendre l’identité d’autres footballeurs ou à faire des compilations de ses meilleures actions qui sont en fait des vidéos d’autres footballeurs, pour être signé dans des clubs toujours plus prestigieux.


Au milieu des années 1980, notre arnaqueur rêve d’Europe et il part rejoindre le Gazélec d’Ajaccio pour y retrouver Fabio Barros, un talentueux attaquant brésilien et ami de Kaiser. Son passage en France est plus que flou, certains dirigeants de l’époque affirment même qu’il n’a jamais mis les pieds en Corse. Celui que l’on appelle le “Forrest Gump” du football va même avoir des démêlés avec la mafia de Rio quand il “joue” au Bangu AC, le président du club étant l’une des personnes les plus influentes et malhonnêtes de la ville. Kaiser finit sa carrière en 1992 après une saison au club brésilien de Guarany FC, le 10ème club dans lequel il aurait joué.


La vie de ce pseudo-footballeur a donc été bien remplie et celui-ci a pu profiter des avantages d’une carrière footballistique alors qu’il n’a joué que des matchs amicaux. Même si la vie de ce joueur reste un mystère, il a tellement menti qu’il se retrouvait parfois à plusieurs endroits au même moment, ce qui rend son véritable parcours très difficile à tracer, sa carrière peut être jugée comme plus que correcte. La morale de l’histoire c’est que cette personne s’est prise pour un footballeur, a tout fait pour le devenir et a réussi, même si Carlos Kaiser reste et demeurera toujours la pire arnaque que le football n’ait jamais connu.



UN ARTICLE DE NOAM BEL KHADER

 
 
 

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