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La réforme des retraites.

  • 21 févr. 2023
  • 6 min de lecture

Dernière mise à jour : 29 avr. 2023

I - L'Histoire des Réformes des Retraites et des Retraites en France


Depuis des décennies, le système de retraite en France a été l'objet de nombreux débats et de réformes successives. Pour comprendre les enjeux actuels de la réforme des retraites, il est important de revenir sur l'histoire de ce système en France. Le système de retraite en France a été mis en place dans les années 1940, après la Seconde Guerre mondiale. Il s'agissait alors d'assurer un revenu de substitution aux travailleurs âgés qui quittaient le marché du travail. Ce système était basé sur la solidarité intergénérationnelle, où les travailleurs actifs finançaient les pensions des retraités.


Au fil des années, ce système a été modifié et amélioré. En 1982, la retraite à 60 ans a été instaurée, permettant aux travailleurs de partir plus tôt en retraite. En 1993, la durée de cotisation nécessaire pour bénéficier d'une retraite à taux plein a été augmentée à 40 ans. Depuis les années 2000, le système de retraite en France est confronté à de nouveaux défis. Le vieillissement de la population et l'allongement de la durée de vie ont rendu le système de retraite de plus en plus coûteux. En 2010, la réforme des retraites de Nicolas Sarkozy a introduit l'allongement progressif de la durée de cotisation nécessaire pour bénéficier d'une retraite à taux plein, jusqu'à atteindre 41 ans en 2022.


En 2019, le gouvernement d'Emmanuel Macron a proposé une nouvelle réforme des retraites, qui a suscité de vives protestations et des grèves massives dans tout le pays. Cette réforme visait à créer un système universel de retraite, en fusionnant les 42 régimes de retraite existants en un seul régime. Cette réforme prévoyait également la suppression des régimes spéciaux, qui offrent des conditions de départ en retraite plus avantageuses à certaines catégories de travailleurs, comme les cheminots ou les agents de la RATP.


Si cette réforme a finalement été abandonnée en janvier 2020, le débat sur l'avenir du système de retraite en France reste ouvert. Les défis auxquels est confronté ce système sont nombreux, et il est probable que de nouvelles réformes soient nécessaires dans les années à venir. Donc, l'histoire des réformes des retraites en France montre l'importance de ce système pour les travailleurs et les retraités. Les réformes successives ont permis d'améliorer les conditions de départ en retraite, mais ont aussi introduit de nouvelles contraintes pour les travailleurs. La réforme des retraites proposée en 2019 a mis en lumière les tensions qui existent autour de ce sujet, mais aussi la nécessité de trouver des solutions pour garantir la pérennité du système de retraite en France.



Manifestation contre la réforme des retraites le 6 novembre 2010.


II - Une nouvelle réforme


La réforme des retraites de 2023 est l'un des enjeux majeurs de la politique sociale en France. Depuis plusieurs années, le système de retraite français fait face à de nombreux défis tels que le vieillissement de la population, les évolutions du marché du travail et les «déséquilibres financiers». Pour y répondre, le gouvernement a annoncé une réforme qui repousserait l’âge de départ à la retraite avec une année de cotisation supplémentaire alors même qu'Emmanuel Macron disait de ce recul d’âge de départ à la retraite qu'il est profondément injuste.


Le système actuel de retraite en France repose sur des régimes spéciaux pour différents secteurs professionnels. Ces régimes spéciaux étant des acquis de la lutte des travailleurs permettent de prendre en compte les situations difficiles et particulières de secteurs professionnels. La réforme de 2023 vise à mettre en place un système universel qui prendra en compte la totalité de la carrière de l'individu, indépendamment de son secteur d'activité, mettant ainsi au même niveau l’ouvrier-ère qui effectue des tâches pénibles et les personnes travaillant dans des bureaux dans des conditions moins difficiles.


Cette réforme suscite de nombreux débats et inquiétudes, notamment sur l'âge de départ à la retraite et le montant des pensions. Le gouvernement souhaite instaurer un âge d'équilibre de départ à la retraite à 64 ans, tout en laissant la possibilité de partir à la retraite dès 62 ans avec une décote. Cette mesure va avoir un impact négatif sur la santé des travailleur-se-s les plus précaires et incite les travailleur-se-s à partir avec une retraite avec décote, c’est-à-dire, une retraite avec un petit revenu. La réforme prévoit également de prendre en compte certains critères de pénibilité alors même que ceux-ci avaient été supprimés auparavant.


La mise en place de cette réforme est complexe et nécessite une transition progressive qui s'étalera sur plusieurs années. Le gouvernement a annoncé un calendrier qui prévoit une mise en place complète du système tardive, par exemple la transition de l'âge de départ à 64 ans se terminera en 2030. Enfin, la question du financement de cette réforme est au cœur des débats. Le gouvernement pense qu'«il n’y a plus le choix» de faire cette réforme «difficile» et que les autres sources de financement proposées, notamment la taxation des superprofits ou des grandes richesses, serait irresponsable.


La Première ministre française, Élisabeth Borne, lors d'un débat sur le projet de loi de finances 2023 à l'Assemblée nationale à Paris. PHOTO THOMAS SAMSON / AFP - AFP.


III - Une réforme controversée


La réforme des retraites de 2023 suscite également des contestations de la part de certains groupes, notamment de la Nouvelle Union Pour l'Égalité et la Solidarité (NUPES). Cette organisation estime que la réforme ne prend pas en compte les inégalités existantes dans le système de retraite et qu'elle va pénaliser les travailleur-se-s les plus précaires. La NUPES considère que le recul de l’âge de la retraite à 64 ans va aggraver les inégalités et propose, elle, de mettre l’âge de départ à la retraite à 60 ans. En effet, le départ de l’âge à la retraite à 64 ans ne prend pas en compte que la plupart des personnes font des études supérieures et donc que ces personnes partiront, en réalité, à la retraite à 67 ans. De plus, la NUPES estime que le gouvernement ment puisqu'il a expliqué que quiconque parant avec sa retraite à taux plein, aurait 1200€ de revenus avant d’affirmer que cela toucherait uniquement 40.000 personnes voire moins.


La réforme des retraites de 2023 risque également de creuser les inégalités entre les genres. En effet, les femmes sont déjà pénalisé-e-s par le système de retraite actuel, en raison de leur plus grande précarité professionnelle, de leurs carrières plus courtes et des écarts de salaires persistants. La réforme va aggraver ces inégalités, en ne prenant pas suffisamment en compte les écarts de salaires entre les hommes et les femmes, ni les périodes d'interruption de carrière pour élever des enfants. Les femmes pourraient ainsi se retrouver avec des pensions de retraite encore plus faibles que celles des hommes, accentuant ainsi les inégalités économiques et sociales déjà existantes.


Enfin, la NUPES conteste le financement de cette réforme, considérant qu'il est injuste et qu'il pénalise les classes précaires et moyennes. Cette organisation estime que le gouvernement devrait chercher d'autres sources de financement, comme la taxation des revenus financiers des plus riches ou la lutte contre l'évasion fiscale.


Manifestation du 31 janvier contre la réforme des retraites. Selon les autorités, près de 1,3 million de personnes ont manifesté dans toute la France, un record contre une réforme sociale depuis 1995.


IV - La protestation des Français

La France connaît une vague de manifestations contre la réforme des retraites en janvier, février et mars 2023. La première journée de mobilisation, le 19 janvier, regroupe entre 1,12 million et 2 millions de manifestant-e-s selon les sources. La deuxième journée, le 31 janvier, rassemble 1,27 million de manifestant-e-s selon le ministère de l'Intérieur et jusqu'à 2,8 millions selon les syndicats. La troisième journée, le 7 février, mobilise 757 000 personnes selon le ministère de l'Intérieur et près de deux millions selon la CGT. Les organisations syndicales appellent à une nouvelle journée de mobilisation générale, le 7 mars, et la Fédération Nationale des Transports et de la Logistique appelle les chauffeur- euse-s routier-e-s à la grève dès le 5 mars. Le 7 mars, près de 700 000 manifestant-e-s participent à la manifestation parisiennes selon les syndicats et environ 81 000 selon la préfecture.


Des actes de vandalisme attribués à l'extrême-droite sont également signalés à Chambéry. La mobilisation rassemble des militant-e-s d'associations comme ATTAC ou Extinction Rebellion. Les organisations syndicales menacent de mettre la France à l'arrêt si le gouvernement maintient le projet de réforme des retraites. Emmanuel Macron, Président-e de la République française, a refusé de rencontrer l'intersyndicale qui s'opposait à la réforme des retraites et a renvoyé les syndicats au Ministère du Travail. La commission mixte paritaire a tenté de trouver un compromis entre l'Assemblée nationale et le Sénat sur le projet de loi, mais l'Union Syndicale Solidaires a organisé une manifestation spontanée sur la place de la Concorde à Paris, suite à l'engagement de l'article 49.3 de la Constitution par la Première ministre, Élisabeth Borne, pour faire adopter la réforme des retraites sans vote et muselant l’Assemblée Nationale.


L’ensemble des député-e-s de gauche ont chanté la Marseillaise pendant qu’Élisabeth Borne portait atteinte à la démocratie. Depuis, de nombreuses manifestations radicales sont organisées et où raisonnent des slogans qui expriment le mécontentement des français, tels que "Louis XVI on l’a décapité, Macron on peut recommencer".


Cortège de manifestants contre la réforme des retraites accompanés par Imane Ouelhadj, présidente du syndicat étudiant Unef.


UN ARTICLE DE REMY NOLIN




 
 
 

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